Syphilis : la grande oubliée qui revient en force
communprévention496 mots2 min de lectureVérifié le 25 septembre 2026
3.1 Une infection en trois actes
La syphilis ("Treponema pallidum") évolue en stades bien définis si elle n'est pas traitée :
- Syphilis primaire : un chancre, une petite plaie unique, indolore, à l'endroit du contact infectant (génital, anal, buccal). Il disparaît seul en 3 à 6 semaines même sans traitement, ce qui pousse beaucoup de personnes à croire, à tort, que "c'est parti tout seul".
- Syphilis secondaire : quelques semaines à mois plus tard, une éruption cutanée diffuse (souvent sur la paume des mains et la plante des pieds, signe assez caractéristique), parfois fièvre, fatigue, ganglions.
- Syphilis tertiaire (des années plus tard, en l'absence de traitement) : atteinte cardiovasculaire, neurologique, les formes les plus graves, aujourd'hui rares grâce au dépistage mais pas éradiquées.
Cette évolution en trois stades, avec des phases de latence entre chacun, est la description clinique de référence de la maladie (Peeling et coll., Nature Reviews Disease Primers, 2017 ; vérification du 8 août 2026).
Imagine la syphilis comme un signal d'alarme qui sonne une fois puis s'éteint tout seul, alors que le feu couve toujours derrière, le chancre qui disparaît n'est pas une guérison, c'est juste que le corps est passé à la phase suivante.
3.2 Pourquoi elle revient
Hausse de 34 % du taux de notification en Europe entre 2021 et 2022 (41 % depuis 2018) (ECDC, rapport épidémiologique annuel 2022 ; vérification du 27 juillet 2026) — soit un taux de notification qui a crû, en quatre ans, à peu près aussi vite que si la maladie touchait, chaque année, un dixième de cas en plus que l'année précédente. Une hausse comparable, de l'ordre de 42 %, aurait été observée rien qu'en médecine générale en France entre 2020 et 2021 selon une source secondaire, mais aucun lien direct vérifiable n'a été retrouvé à cette date pour ce chiffre précis. Comme pour la gonorrhée, le relâchement du réflexe préservatif et l'augmentation du nombre de partenaires au fil d'une vie sont les explications les plus citées.
Traitement : une injection de pénicilline (parfois plusieurs selon le stade) suffit à guérir, l'un des traitements les plus simples et les plus anciens de toute la médecine moderne, ce qui rend sa résurgence d'autant plus évitable.
💑 Dans le couple : la disparition spontanée du chancre est le piège classique qui retarde le dépistage, si un chancre indolore est apparu puis a disparu, ce n'est jamais un non-événement à oublier, c'est au contraire le signal le plus clair pour se faire dépister rapidement, syphilis comprise.
Bons réflexes
- Toute lésion génitale, même indolore et même si elle a disparu d'elle-même, mérite un dépistage plutôt qu'un haussement d'épaules.
- La syphilis se dépiste par une simple prise de sang, incluse dans le bilan IST standard.
Le chapitre 20 revient sur le témoignage d'un médecin confronté à cette résurgence, et sur pourquoi ce faux sentiment de guérison spontanée retarde tant le diagnostic.
Sources du guide IST, dépistage et prévention · Voir cette page sur GitHub