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L'acceptation et la résilience : ce que la recherche en dit

communpsychologie1 120 mots6 min de lectureVérifié le 25 septembre 2026

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Un muscle ne se gagne jamais d'un coup, comme une médaille remise une fois pour toutes : il se construit séance après séance, et sa présence chez la plupart des gens qui s'entraînent régulièrement n'a rien d'un exploit réservé à une élite. Deux mots employés à tort et à travers autour de la maladie grave et du handicap, « acceptation » et « résilience », fonctionnent sur ce même principe de muscle entraîné plutôt que de médaille rare. Ce chapitre précise ce que la recherche entend réellement par ces termes, très différent de leur usage courant.

9.1 L'acceptation : un muscle qui s'entraîne, pas une résignation

L'acceptation, dans son sens clinique, n'a rien à voir avec l'idée d'un renoncement ou d'un abandon de la lutte contre la maladie. Elle constitue le cœur d'une thérapie spécifique, la thérapie d'acceptation et d'engagement (ACT). L'ACT, une forme plus récente de thérapie cognitivo-comportementale, suscite un intérêt croissant pour améliorer les résultats liés à la douleur chronique ; elle vise à aider les personnes à se désengager d'efforts infructueux pour contrôler ou éviter la douleur, et à se tourner à la place vers la poursuite d'objectifs et de valeurs de façon plus cohérente. L'effet mesuré de cette approche va au-delà du seul confort psychologique immédiat. Des augmentations de l'acceptation de la douleur et/ou de l'action fondée sur les valeurs ont été observées comme liées à des améliorations de l'anxiété, de la dépression et du handicap lié à la douleur, pendant le traitement ou lors du suivi.

Cette approche n'est pas limitée à la douleur chronique, mais s'applique à un très large éventail de conditions de santé de longue durée. L'ACT a été appliquée à de nombreuses conditions de longue durée, par exemple le cancer, l'épilepsie, les maladies pédiatriques, les maladies cardiaques, la sclérose en plaques et le diabète ; les résultats de recherche démontrent des effets importants sur le handicap physique et psychosocial, l'humeur et le fonctionnement quotidien.

Bons réflexes.

  • Ne jamais confondre acceptation et résignation : dans son sens clinique validé par la recherche, l'acceptation consiste à cesser de lutter contre ce qui ne peut être changé pour réorienter son énergie vers ce qui reste sous contrôle (les valeurs, les objectifs), pas à cesser tout effort.
  • Considérer l'acceptation comme une compétence qui s'entraîne, au même titre qu'une rééducation physique, via une thérapie structurée (ACT), plutôt que comme un état qu'on atteindrait ou non par la seule volonté ou le temps qui passe.

9.2 La résilience : le muscle que la plupart des gens ont déjà, pas la médaille d'une élite

L'image culturelle dominante de la résilience, celle d'un exploit rare réservé à une minorité de personnes exceptionnelles, est directement contredite par des décennies de recherche sur le sujet. George Bonanno a introduit l'idée controversée de la résilience dans l'étude de la perte et du traumatisme ; il soutient que la résilience, définie comme une trajectoire stable de santé mentale et physique, constitue le résultat le plus courant et le plus naturel face à une perte ou un traumatisme.

Ce constat va à l'encontre d'une croyance répandue, y compris chez certains professionnels, qui soupçonne presque une forme de déni chez les personnes qui ne s'effondrent pas après un choc. La résilience face à des événements traumatiques est souvent supposée rare, au point que les personnes qui n'ont pas de réaction marquée à la perte ou à la souffrance peuvent même être soupçonnées de se mentir à elles-mêmes ou de réprimer leurs émotions ; pourtant, la résilience a longtemps été considérée à tort comme une forme de « force émotionnelle exceptionnelle » ou de déni et de « santé mentale illusoire », alors que la recherche a montré qu'une résilience authentique, sous la forme d'une trajectoire de fonctionnement psychologique et physique relativement stable et sain, était bien plus répandue après un événement potentiellement traumatique qu'on ne l'avait supposé auparavant.

Un dernier point, moins confortable mais essentiel, nuance ce tableau plutôt encourageant : la recherche identifie des facteurs associés à la résilience, sans pouvoir prédire individuellement qui sera résilient. Même si des corrélats de résultats résilients peuvent être identifiés, il reste impossible de prédire avec précision qui sera résilient et qui ne le sera pas — un constat parfois appelé le « paradoxe de la résilience ».

⚖️ Nuance : le mot « résilience » recouvre deux réalités très différentes

Le mot est aujourd'hui tellement utilisé qu'il en perd sa précision clinique. Dans l'usage courant, il désigne souvent un exploit personnel, une force de caractère qui distinguerait certains individus des autres. Dans la recherche de Bonanno, il désigne exactement l'inverse : une trajectoire statistiquement banale, la plus fréquente de toutes après un choc, qui ne dit rien de la valeur morale ou du courage de la personne. Confondre les deux revient à faire porter à quelqu'un qui traverse une épreuve sans effondrement apparent un mérite qu'il n'a pas nécessairement choisi, et à faire peser sur quelqu'un qui s'effondre un jugement implicite tout aussi injustifié.

Le muscle de ce chapitre a une limite qu'il faut nommer : contrairement à un vrai muscle, ni l'acceptation ni la résilience ne se mesurent à l'œil nu depuis l'extérieur. Personne ne peut juger, sur la seule apparence, si quelqu'un les a développés ou non.

Bons réflexes, en synthèse de ce chapitre.

  • Ne vous inquiétez jamais, ni pour vous-même ni pour un proche, de « bien vivre » un diagnostic grave sans effondrement apparent : la recherche montre que c'est la trajectoire la plus fréquente, pas un signe de déni à surveiller.
  • Ne présentez pas la résilience comme un objectif à atteindre par la seule volonté : puisque la recherche ne peut pas prédire individuellement qui sera résilient, il vaut mieux offrir un soutien inconditionnel (accompagnement psychologique, ACT si besoin) que d'attendre un résultat garanti d'avance.
  • Articulez les deux notions de ce chapitre plutôt que de les confondre : l'acceptation est une compétence qui peut s'apprendre activement (9.1), la résilience est une trajectoire statistiquement fréquente qui ne se décrète pas mais peut être soutenue (9.2).

Sources vérifiables

Sources du guide Maladie grave et handicap · Voir cette page sur GitHub

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